Nous avons choisi l’exil plutôt que ces déserts déguisés du monde de la culture kitsch où des comédiens jouent des pièces formatées, amusent les dromadaires à deux pattes dans des oasis en béton.
Magritte et Dali étaient des gens qui savaient dessiner.
L’étrangeté de leurs compositions, la diversité et la richesse de leurs images, nous ont confondu d’admiration et d’humilité.
On n’a pas voulu les imiter en faisant de l’écriture à la place du dessin.
Mais on rêvait d’un espace de liberté.
L’écriture peut en être un.
Puisque l’ écriture n’est que de l’écriture.
Dans le vrai, tu peux jamais faire bouffer des roses par des dromadaires.
En dessin ou en écriture, tu peux.
Zébu :
« Moi, je fais du contesto, je chie sur les Valeurs Sacrées ».
Krem :
« Moi, je parle de moi, je fais dans le fond de mes tripes ».
Pou :
« Et moi je fais du cul vache ».
Mais tous ensemble, on fait du hard.
En avant la musique !
… Le petit oiseau fait caca dans sa culotte.
Il a zieuté le beau zob du père Lachaise de la Mouise dans le bol à moineaux de l’entrée du cimetière des toutous.
Dans les blés concassés où les allumeuses de réverbères donnaient du fil à retordre à de vieux pigeons chamarrés, le pourfendeur de Ségolène Royal en l’occurrence François Hollande se fendit en moins de deux d’une assiette creuse remplie à ras bord de coccyx de caméléons…
Assiette fendue qu’il suspendit au premier barreau d’ échelle, juché en équilibre instable sur la pièce montée d’un mariage raté.
Mais quel mariage ?
On ne l’a jamais su.
Trois poissons rouges éméchés, en vedette au hit parade des pochettes zébrées de raffarinades de trois costumes trois pièces d’ Alien Juppé, pointaient le cône éteincelant de leurs globules oculaires dans la trace d’un joli visage.
Un visage de jeune chèvre sauvageonne aux subtiles phéromones qui, drapée dans sa robe vaporeuse de bohémienne, écourtait, aérienne, le trajet futile et inutile entre le marchand de frites du bout de la place des Quiconques et l’Office de tourisme galérien de la rue de Cayenne dans sa tête, rue contiguë à celle des exhalaisons de roulottes ambulantes à couscous…
Un caniche improvisé, évadé du festival de Cannes, avec son ruban de feu en collier, de ses petits yeux ravis, se fit de la trace de ce joli visage, une écumoire de trous de lumière dont les petits anus ronds et ciselés, tels des robinets sans becs, éclaboussaient des émotions incommuniquées aux dromadaires à deux pattes.
Le petit caniche, régalé dans le fond de son âme à en crever la gueule ouverte au nez et à la barbe du journal Libération, fusa jusqu’à la gare Saint Lazare et pour finir se lova dans l’ alvéole d’une toilette bouchée d’un TGV à destination de Vladivostok.
Bachibouzouk le manchot a chié dans les pissotières.
Il n’ a pas remarqué Marie Céline chiquement ceinturée dans son imper vert à deux pas sur le trottoir d’en face.
C’est dommage.
Parce que s’il avait su, il aurait pissé au lieu de chier.
Pissé longuement.
Bandé en pissant.
A la fin du pipi, il aurait balancé la purée et bouché le gicleur.
Le petit oiseau reboutonne sa braguette de trois coups de patte droite et le vieux monsieur au regard de biche lubrique à califourchon sur une bitte d’arrimage rouillée lorgne la fillette aux yeux bleus.
Une grosse patate apeurée plisse sa peau de poulet trop cuit dans le sens du poil bouclé à la vue du jeune et beau banquier en costume cravate.
Salaud !
Qui a pissé dans le sommier ?
Qui a bandé dans les replis de cette délicate flamme de soie ?
Qui a crevé le petit sac de billes renversé du rutilant baudet apprivoisé qui faisait suer les perroquets huppés ?
Caca pot.
Glace à la fraise dégoulinante.
La merde blanche s’effiloche et enturbane l’extrémité acérée du bistouri pourri.
Dans les effilochements surannés de la nappe de fioul à la vanille, la sardine à l’huile frétillait, souffreteuse et souveraine, secouait les banderilles assassines piquées sous ses aisselles et avalait des airelles…
On débarque dans le hall du Grand Hôtel du Merdier, y’a un steak de mammouth bouilli dont les horizons incertains et ficeleux lèchent les rives béates du bénitier d’honneur.
Le petit portier marron en jaquette tigrée et pompes à fraises dodeline du cyclotron, hérisse ses moustaches carrées, dégrafe la braguette d’ acné qui lui saucissonne les épaules, puis s’époumone en borborygmes aux relents de lait de truie…
Du cuit, du salé, de l’ épicé, du ranci, du juteux, de la soupe aux tiges…
On en a les foies qui s’tortillent.
Le minou de la vieille pocharde du bistrot de Reuilly se ratatine sur la croûte du vieux fromage des quat’zétés.
La moustiquaire à rallonge joue à la tour des pendus quand les poulets et les sangliers de la Vie Claire font du ski de fond sur les coquilles vides d’escargots et dérapent sur des chemins de beurre rance.
Eh, bordel, où t’as planqué la carcasse de crapaud et la lame de rasoir rouillée ?
Et le couscoussier de l’ arrière grand’mère du vicaire ?
Et la petite cuillère en bois du lointain ancêtre celte de monsieur le maire du Kremlin Bicêtre ?
Dans quel urinoir as-tu dégainé les petits anchois durcis et piquants comme des bouts de serpes de druides ?
Le baudet récalcitrant de madame Daubemoissa a juté sur le chemisier bleu ciel de Finette.
Les glaouis d’Hamed se sont prononcés contre la sècheresse au Vénézuela et la peine de mort sur le continent Antarctique.
Mais les pétards sacrés du Vatican et de la grande mosquée de Paris se sont fait niquer leurs mèches pointues sous une pluie d’orage mauve venue des confins de la galaxie d’Andromède.
Cassiopée a même expédié dans la Voie Lactée de quoi péter sur le parvis de toutes les églises de la Terre.
Les Planètes Non Autorisées ont pondu un décret pour encenser les mignonnettes à amorces généralement utilisées lors du nouvel an mais interdites dans toute la Confédération des Planètes Désunies.
Pipi, caca, bobo, bandi banda, il faut assassiner Bambi et ses fœtus de bambinettes, pourfendre les petits pois escagassés gonflés à la gazoline.
Maintenant, guignols et consorts, nous savons comment le monde fonctionne :
En fait, il n’y a rien de vraiment nouveau sous le soleil de Satan… Et du Bon Dieu pour les toutous de riche…
D’un côté les truands, les maffieux, les financiers, les multinationales, les politiques véreux, tous les gros crétins de l’économie libérale avancée et leurs complices, et d’une manière générale les gros prédateurs inidentifiables qui brassent des capitaux colossaux, sont protégés et blanchis par l’imbroglio des lois et des procédures, magouillent dans les dénominations et délocalisations de boîtes en se restructurant et se diversifiant en filiales, sous filiales et autres entités bizzaroïdes…
Ce sont ces gens là et dans une large mesure leurs complices et leurs vigiles qui, à eux seuls, détiennent les pouvoirs, la grosse part de la galette, les actions, encaissent les dividendes et les profits.
Ce sont eux qui veulent pour un million d’années s’empiffrer de fraises et de merguez, réformer l’école pour que le savoir, la culture et les innovations de la technologie ne soient accessibles qu’aux élites et aux privilégiés, que les beaux quartiers des villes du monde entier soient désormais barricadés et inaccessibles à la plèbe inculte et vociférante selon leurs dires…
Ce sont eux qui bientôt, parce que la main d’œuvre et la force de travail seront devenues inutiles à cause des progrès techniques, élimineront purement et simplement tous ces millions de gens dont ils pensent que l’existence devra être effacée.
Dans le monde qu’ils ont programmé, il n’y aura plus de maisons de retraite ni de chômage ni de bidonvilles mais sans doute des « charters de l’espace » déversant aux abords des trous noirs, de longues grappes humaines…
Les maisons de retraite et les mouroirs en blanc avec de jolies demoiselles en tablier seront remplacés par des « maisons du suicide », genre « palace de fin de vie », où l’on injectera dans les veines des « candidats », de super drogues high tech, shootantes à mort, et qui feront passer les gens dans un monde meilleur, traversant auparavant une anti chambre de rêve.
Juste une petite précision à propos des complices et vigiles en tout genre :
Ils seront finalement bien baisés car les gros lards et les salauds de prédateurs s’arrangeront toujours pour faire des purges d’assainissement au bon moment, c'est-à-dire lorsqu’ils décideront de se partager ou de se bouffer entre eux pour une part de gâteau plus grosse.
De l’autre côté de la barrière sélective, tout d’abord faisons une évaluation sommaire :
Sept milliards d’humains sur la planète, globalement.
On coupe en deux :
Deux moitiés très inégales il va sans dire…
Une première « moitié », disons un milliard, dont seulement quelques dizaines de milliers appartiennent en fait à ce premier groupe, sachant que les autres, dans un avenir plus ou moins proche, basculeront progressivement dans la seconde moitié…
Donc, ce milliard là, avec ses deux inégales moitiés, celui des « provisoirement privilégiés », avec bain douche, voiture particulière, école pour tous, maisons individuelles, vacances, retraites et bonnes assurances, va fondre comme neige au soleil.
Ce milliard là si l’on excepte les élus et les privilégiés vrais, les gros proprios et les capitalistes de haut vol, c’est celui des gens qui vivent généralement une vie de merde genre métro boulot dodo pipi caca toutou baraque à payer vacances en bungalow zimpo bobo les vieux en maison de retraite médicalisée et toutou en pension pour les vacances à crédit…
Et j’en passe de quoi faire un roman de Zola…
Quant à la seconde partie des habitants de cette planète, c’est celle des six milliards d’êtres humains qui n’ont pas accès à l’ éducation, à l’eau potable, à l’alimentation de base, et qui eux, crèvent purement et simplement…
Putain, ça vous fait bander, vous, un monde pareil ?
Bien sûr, y’a des gens comme ATTAC, les anarchos et peut-être des communos et des socialos sincères, mais ça fait tout de même pas le poids surtout quand les intellos, les journalistes du Monde, de Sud Ouest ou du Figaro et de tous les canards à grand tirage ainsi que les écrivains et les romanciers à succès, les philosophes ministres, les patrons de télé plus Loft Story et Star Académy malaxent de leur bouillie insipide et branleuse les cervelles des millions de gens qu’elles délavent et vident de toute vie intérieure et réfléchie…
Coucou, petit toutou, trottine dans le vestiaire chic de ta jeune et jolie maîtresse…
Halètes, tire la langue, sue, pisse et mollarde, rote même, dans les négligés d’Yves Saint Laurent, entre les impers Claude Havrey…
Et dire que des fois, pour pas faire de bruit en chiant, on se tamponne le trou de bale avec trois feuilles de PQ pliées en quatre…
Et oui : dans la vie, un minimum de classe, de chic et de délicatesse ça fait sûrement plus de bien que de mal…
Mais seulement voilà : par l’un de ces prodiges assassins de notre mère nature, la musique inopportune, insolente et ravageuse, écrase de toute son immonde abjection les volontés les plus déterminées à promouvoir un art de vivre et de communiquer lorsque les sphincters et les circonvolutions intestinales se mettent à chanter sans qu’on les y eût conviées…
Les toutous, quand ils se saluent, ils se hument le trou du cul.
Les z’êt zumains, quand ils se croisent dans les cocktails littéraires, les réunions commerciales, les forums d’entreprise ou même tout simplement dans la rue ou en sortant des toilettes, ils se font des salamalecs mielleux et se débitent des sucreries quand ce n’est pas l’horoscope…
Mais ça pue le cul, ça pue la bite à l’intérieur de la tête, ça roule les loulous extraits des écuries nasales, bien ceinturés dans leurs impers chic, lovés dans leurs certitudes en béton armé concernant leur « vision du monde »…
Les toutous, les minous, les fourmis et les cloportes, ont-ils, eux, une « vision du monde » ?
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1. Kadeem Le 24/02/2007 à 07:01
2. Trystan Le 24/02/2007 à 21:21
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