Quel monde possible 2ème partie 3

La tortue

 

Lorsque, enfant, je vivais en Afrique du Nord, il m’arrivait de rapporter des tortues, que je ramassais aux abords d’un oued à proximité de l’immeuble où je demeurais avec mes parents, au neuvième et dernier étage.

Tout au bout de la coursive le long de laquelle s’ouvraient les portes des six appartements de l’étage, j’avais aménagé, en accord avec nos voisins qui étaient nos amis, un espace délimité par des briques, des morceaux de planches, de gros galets. C’était là un enclos provisoire pour ces bêtes à carapace dont la lenteur des mouvements laissait supposer qu’elles n’avaient pas besoin d’un vaste territoire…

Mes parents voyaient d’un mauvais œil un tel élevage, d’autant plus que les détritus, épluchures de légumes, feuilles de salade, morceaux de pain rassis, ainsi que les déjections de ces animaux s’accumulaient de jour en jour, encombrant le passage. De surcroît, le régisseur, homme de loi et d’administration, devant prochainement effectuer son incursion mensuelle auprès des locataires, ne manquerait pas de nous signifier l’obligation de tout nettoyer dans les plus brefs délais. Mais le jour fatidique étant encore relativement éloigné, je parvins à grand’ peine à négocier avec mes parents le maintien de cet élevage clandestin.

  Mes pensionnaires s’appelaient Sophie, Proserpine, Cunégonde, Fatma, Aïcha, Zorra, Mina. Elles étaient de tailles diverses et la plus petite à peine plus grosse qu’un œuf de poule. Outre ces pensionnaires que, nécessairement, je devrais  en temps voulu rapatrier dans leur territoire d’origine avant le passage du régisseur, j’entretenais dans notre appartement, sur la loggia, une amitié particulière avec une autre fille à carapace qui, elle, n’avait pas de nom et à laquelle j’étais très attaché.

L’imagination ne m’aurait pas manqué pour donner un nom à ma «fille »… J’aurais peut-être à cette fin « péché » dans les étoiles du ciel, mais il m’avait paru invraisemblable de donner une identité à cette bête là, surgie de la terre comme tombée du ciel dans mes rêves de gosse. Elle ne pouvait être pour moi qu’un drôle de caillou vivant avec des pattes et une tête. Un caillou qui, dans mon idée me reliait à des trésors n’appartenant à personne et ne pouvant donc avoir de nom tel que celui que l’on donne à un petit chien par exemple.

Par contre, les pensionnaires au bout de la coursive extérieure étant des êtres « empruntés », plus par amusement que par amitié, il m’avait paru assez drôle de les pourvoir d’un prénom féminin.

  Dans les premiers temps de cette amitié particulière avec la fille sans nom, il n’y avait aucune magie en la relation qui s’établissait entre nous. J’approchais doucement le bout de mon doigt lorsque sa tête paraissait, mais aussitôt les pattes antérieures formaient une muraille d’écailles, la tête s’enfonçait à l’intérieur de la carapace. Patient, obstiné, amusé, curieux, je renouvelais à maintes reprises le même geste d’approche et parfois je l’avoue, l’amusement prenait la tournure d’un sentiment proche du dépit ou même de la colère.

A chaque tentative tout se refermait brutalement, et je percevais un petit « tchuitt » discret, sorti des deux minuscules trous situés tout juste à la pointe de la tête. Patiemment, de longues minutes durant, j’attendais que la muraille d’écailles s’écarte de nouveau, et que paraisse enfin le bout de la tête. Mais tant que je demeurais à l’affût, tout proche et le doigt tendu, les lourds vantaux musclés de la porte restaient soudés et rien n’aurait pu les écarter, pas même la pointe d’un canif. De toute manière, une telle effraction se serait soldée par l’échec définitif de mon entreprise de communication.

Cela dura plusieurs semaines. Je m’évertuais à toutes sortes de ruses, entre autres celle qui consistait à tendre un bout de salade tout près des deux murailles d’écailles. J’agitais fébrilement le bout de salade, l’approchant de la fente qui ne s’entrouvrait même pas d’un dixième de millimètre. En désespoir de cause, je finissais par déposer la feuille de salade devant l’animal puis m’éloignais…

Mon père, avec son ironie habituelle, me disait : « Tu n’as qu’à mettre une pincée de sel en dessous de son trou de bale, peut-être que ça marchera. »

  Un jour le miracle s’accomplit : alors que la feuille de salade, auparavant desséchée, venait de parcourir le tube digestif de ma « petite fille caillou », les deux battants musclés de la grande porte s’ écartèrent enfin et la tête parut.

Je tendis mon doigt et, à ma grande surprise, je parvins à le poser tout doucement sur le dessus de la tête. Je réussis même à toucher le cou de l’animal à l’endroit le plus doux et le plus fragile. Alors la tortue se mit à avancer lentement, tendant sa tête et la maintenant dressée, j’accentuai la pression de mon doigt allant même jusqu’à serrer entre le pouce et l’index cette petite tête qui s’abandonnait. J’aurais pu d’un seul coup, l’écraser car en dépit de sa fermeté apparente, je sentais bien entre mes doigts à quel point l’animal était vulnérable. Sa peau épaisse, constituée d’une croûte d’écailles, me faisait penser à la coquille d’un œuf d’oiseau ganté de cuir froid. Les yeux, comme deux étoiles noires, immobiles, semblaient n’avoir aucun regard autre que celui d’une innocence indéfinissable. Je me baissai, approchant le bout de mon nez à un centimètre de la pointe triangulaire de la tête, et je perçus très nettement le petit souffle froid jailli des deux trous : c’était la respiration de l’animal, régulière, délicate, inodore. Cette respiration se faisait parole, presque confidence, elle me disait sa ressemblance avec la mienne, issue elle aussi, de deux trous.

Je pris alors conscience qu’une relation s’établissait entre nous : j’étais la « grande bête à deux pattes », soit un humain ; elle était la petite bête à carapace, un reptile selon notre vocabulaire pour identifier ce genre de créature.

Je songeais aux très nombreuses journées durant lesquelles la tortue s’était murée, barricadée à l’intérieur de sa forteresse, alors que je tentais sans succès de nouvelles phases d’approche…Et la forteresse s’était ouverte d’un seul coup !

Si un tel miracle pouvait se produire, me dis-je, entre un reptile et un humain, qui sont des êtres si différents, ne pouvait-il en être de même entre des êtres de la même espèce ?

Pour la première fois de ma vie, l’idée me vint que la relation elle-même pouvait s’apparenter à un être vivant. Un être certes, sans réalité physique, mais un être tout de même. Et que la vocation de cet être là était de relier  entre eux les êtres physiques, dussent-ils être si différents les uns des autres.

  Bien des années plus tard, au fil du temps selon les situations et les évènements, dans cette drôle de traversée, la vie, je me suis aperçu que finalement, entre êtres de la même espèce, les humains en l’occurrence, c’était bien plus compliqué qu’entre êtres d’ espèces différentes. Cela tient peut être de ce que l’humain vis à vis de ses semblables, perçoit la relation non pas comme un être vivant mais comme le vecteur de sa pensée et de ses aspirations, le fil conducteur de son énergie, de son orgueil, de ses projections entre lui-même et tout ce qu’il veut atteindre.

Dés lors, toute phase d’approche, tout apprivoisement n’a qu’un avenir incertain. L’intensité de la relation disparaît dans l’habitude, la lassitude ou toutes sortes de motivations dépendantes de nouveaux besoins.

 

                                                             …..

 

   

  L’ humanuscule

 

  Il bâtit… bâtit, bâtit…

Bâtit son nid…

  Il a 30 ans.

  Un double équateur de bourrelets, oui, déjà ! À 30 ans, entre son hémisphère Sud arpenteur de trottoirs et son hémisphère Nord dont la capitale pense et décide.

  Il a signé un prêt bancaire… de 20 années… presque hésité sur 25.

Mais cinq ans de plus, cela ne payait ni le crépi, ni la véranda en sus.

20 ans… Il va la payer jusqu’au DEUG de son rejeton, sa maison formatée, s’il n’a pas fait un infarctus avant…

Quatre fois le prix qu’elle aurait coûté, lotissement « Les Alouettes », s’il avait pu la bâtir sans signer le prêt… En héritant, par exemple.

  Il est cadre moyen dans une boîte qui vend et achète, se restructure et fusionne avec une autre boîte…

Sans battre de l’aile, la boîte affiche un bulletin de santé qui laisse présager une intervention prochaine dans ses éléments structurels. Autant dire que, tous diagnostics confondus, même si pour le trimestre à venir, la conjoncture est favorable, les Mondiopérateurs, pressés par leurs cohortes d’actionnaires, vont exiger un dégraissage en matière de coûts salariaux…

  Il quitte « Les Alouettes » à sept heures du matin, il parcourt 40 kilomètres dans sa voiture pour aller travailler, et la boîte encore lui demande de crapahuter dans les embouteillages, sur les voies de contournement et dans les dédales des ensembles pavillonnaires de la mégapole voisine , peut être une centaine de kilomètres, autant de ronds points et de feux tricolores, afin de négocier des contrats juteux, de débrouiller des affaires complexes, se débattre dans des situations relationnelles inextricables…

Il est de retour aux « Alouettes » à l’heure du journal télévisé, il gare sa Safrane devant le portail de son petit éden familial. Vanné, pompé, saturé d’objectifs commerciaux, l’estomac chargé de nourritures coulantes ou conditionnées en barquettes… Ou encore, s’il a pu se rendre au restaurant, tout confit d’un plat du jour plantureux, la tête bouffie de soucis professionnels car son travail consiste pour l’ essentiel à vendre à des clients « potentiels », des produits et des services superflus.

Les commissions par les temps qui courent ne permettent d’acheter ni la chaîne Hi-fi, ni le dernier ordinateur.

  Il a son samedi… Tout de même !

Mais le samedi, c’est pour les courses, le matin entre 10heures 30 et midi, à Carrefour… Et la tondeuse, 1200 mètres carrés, l’après midi après la sieste du voisin de préférence. Et Patrick Sébastien le soir à la télé…

Les samedis soir de juin, l’on se fait en famille un petit barbe – cul discret… Si le vent vient du bon côté.

Aux « Alouettes », comme dans la plupart des lotissements pavillonnaires d’ ailleurs, les chiens, des gros assez souvent, des « je monte la garde », aboient fort, surtout lorsqu’un cycliste inconnu s’égare dans le lotissement.

Dimanche matin… Un gros dodo jusqu’à 10 heures ou plus. Puis le tiercé, le repas dominical, la sieste, la promenade en auto quand il fait beau jusqu’à la lisière de la petite forêt apprivoisée à trois kilomètres au-delà de la sortie de l’autoroute, ou quand il pleut, une virée au centre commercial ouvert le dimanche pour admirer les beaux canapés, les cuisines intégrées…

Dimanche soir à la télé… Il hésite entre un thriller avec Tom Cruise sur la Une, ou Urgences sur la deux.

  Depuis deux ans qu’il a bâti bâti, aux « Alouettes », il n’a pas encore fait son crépi. Il est tout de brique vêtu et financièrement nu comme un ver. Parce que la Safrane, en plus des traites de la maison, il faut la payer… Et l’un dans l’autre, les deux prêts, celui de la voiture et celui de la maison, cela fait plus de la moitié de la paye du ménage… Largement plus. A chaque fin de mois, il est raide comme un passe lacet et doit des sous partout.

  Il bâtit, bâtit bâtit…

Bâtit sa vie, de tic et de toc, avec des projets de vacances qui ne vont pas plus au Sud que la rive Nord de la Méditerranée, pas plus à l’Ouest que la côte Atlantique. Des projets, des évasions, des étés, des campings et des bungalows tous reliés par des kilomètres d’asphalte. Il est l’omnibus dont chaque arrêt est une halte fric devant les distributeurs automatiques de billets. Et quand il se fait avaler sa carte, il s’épuise en une diatribe enflammée contre sa banque…

  Il bâtit, bâtit bâtit….

Bâtit son nid. De tout ce qu’il peut y couver dedans, jusqu’aux excréments de ses aspirations, jusqu’aux pollutions de ce qu’il consomme…

Quand il se connecte sur le site de sa jolie voisine, il assiste à un défilé de mode qui le ravit. Il se régale des expressions de son visage, écoute ce qu’elle raconte, explore tout ce qu’elle a féminisité de sa personne et de son atmosphère.

  Il bâtit, bâtit bâtit…

Au gré de ses envies et de ses lubies, de tout ce qui est préfabriqué, normalisé, planifié, réglementé, aseptisé…

A quoi peut bien servir une cuisine intégrée lorsque, du lundi au vendredi, l’on ne consomme que des denrées en barquette, en plastique ou en boîte ; le samedi soir, la pizza du camion de passage, et le dimanche, si l’on cocufie sa salle à manger salon pour le menu gastronomique de l’hôtel des Acacias au beau milieu de tous ces messieurs dames en costume, tailleur, coiffure en chou fleur, moustaches à la Jacques Lanzmann et pochette de cuir à bandoulière ?

  Il a bâti, bâti bâti…

Mais dans sa maison, il n’y a pas de bibliothèque. Il ne lit jamais de livres. Seulement des revues de sport, le journal de la région… Ce n’est pas un intellectuel.

Chez son voisin, il y a une très grande bibliothèque, en beau bois, avec de solides étagères qui supportent de gros volumes reliés de cuir. Mais le voisin ne lit pas, cependant. Il achète, pour 20 Euro en moyenne, tous les grands succès, les prix littéraires, les ouvrages à la mode que produisent les auteurs connus, les hommes politiques, les journalistes et les écrivains de renom. En plus des derniers romans de la saison, pour son épouse, il commande des encyclopédies Hachette, il est abonné à France Loisirs. S’il ne lit pas, alors pourquoi les achète t-il tous ces livres ? Tout de même, il les survole un peu à temps perdu, pour avoir l’air de s’y connaître, les soirs de réception en compagnie de ses amis.

C’est que, chez le « Tabac Journaux » du coin, les rayons du milieu du magasin regorgent de tout ce qui peut sortir, se vendre, à grand renfort de publicité, avec des bandes rouges ou bleues autour des livres, et la sacro-sainte mention :  prix Renaudot, Fémina, Interallié…

Les livres, c’est comme les denrées alimentaires, la mode, les programmes de télévision, les séries Américaines et les derniers films qu’on voit dans toutes les grandes salles de cinéma. Les livres sont aussi aseptisés que les poulets, le poisson et la viande… Peut être un peu moins tout de même. Ils sont là pour prouver que le monde existe bel et bien… Avec quelques malheurs certes, et un peu de contestation parce qu’il faut que cela remue les tripes de temps en temps.

Les livres « non aseptisés » sont trop dangereux : ceux là, on ne les trouve pas dans les bibliothèques des municipalités de Gauche et encore moins de Droite, ni chez les libraires, ni chez le « Tabac Journaux » du coin.

  Il a donc bâti, bâti bâti, notre « humanuscule » trentenaire… Et, bon an mal an, le gâteau d’anniversaire se charge de bougies. Et les traites sont toujours là, fidèles au rendez-vous de la fin du mois !

Si l’on peut, on fera plus cossu que la Safrane, car le dos, sur des centaines de kilomètres, passé la quarantaine, sur un siège un peu raide, il se met à chanter manon parfois…

Quand le gâteau se charge de bougies, les habitudes changent… A la place du pantalon à doubles poches latérales on arbore la petite pochette en cuir ou la sacoche à rabats et bandoulière. Au lieu de s’asseoir sur le canapé les genoux croisés avec son assiette de charcuterie salade composée devant la télé pour le thriller, l’on prend ses repas à table, normalement, en famille.

  Cinq ans après avoir bâti bâti, notre « humanuscule », il a traversé une petite crise. La crise existentielle, le pourquoi et le comment, le sens du monde, qu’est-ce que l’on fait sur Terre et tout le tremblement ! Alors il s’est mis à avoir de la « vie intérieure ».

Le résultat fut désastreux : sa femme l’a quitté, ses enfants ont déserté le domicile familial. C’était devenu invivable pour tout le monde. Le meilleur de soi-même ne change pas la vie de ceux qui vivent auprès de nous, pas plus qu’il ne nous a changé nous-mêmes.

Il a essayé d’écrire un livre. Pas besoin d’être un intellectuel pour écrire un livre… Une histoire impossible, des gosses de banlieue dans une cité HLM en pleine explosion socioculturelle, des filles drôles et émancipées, des vieux qui ne voulaient pas aller en maison de retraite, des banquiers qui se révoltaient, des assureurs véreux repentis, des facteurs brûlant des tonnes de publicités en pleine rue, des femmes qui passaient la vaisselle par la fenêtre, ne faisaient plus ni lessive ni repassage… Le style y était, à peu près, sauf les mots qui n’existent pas dans le dictionnaire. Cela n’en finissait pas, trois cent pages… mais il y passait ses nuits, ses dimanches, ses congés…

A un océan de la conclusion, il a tout lâché. Il a renoncé, coulé coulé.

Non, on n’ écrit pas un livre quand on passe sa vie aux « Alouettes », quand on est salarié, vendeur dans une boîte qui bat de l’aile et fusionne avec une autre boîte, et que l’on n’ a ni les relations, ni les moyens ni l’environnement pour…

Pensez-vous, comment trouver le temps de se documenter, de composer, de relire, de corriger, de vérifier la concordance des situations, la vraisemblance, le style, l’orthographe… Toutes ces heures où chaque paragraphe est comme un bout de terrain conquis, ces jours, ces nuits, ces mois, peuplés d’instants volés à la routine, avec les regards moqueurs ou indifférents des autres… Après huit heures d’activité professionnelle et de déplacements, sans contacts, sans relations, sans appuis… Autant vouloir faire sortir une forêt d’un désert. C’est de la folie, de l’utopie, du suicide moral…

  La crise s’est tassée finalement, au bout de quelques années. Elle a fait comme tous les ronds dans l’eau : des rides concentriques de plus en plus espacées… L’épouse et les enfants sont revenus. L’épouse parce qu’aux « Alouettes » il n’ y a que des abris de bus et le « Tabac Journaux » du coin, les enfants parce que, ailleurs qu’aux « Alouettes », on peut pas toujours squatter chez les copains branchés.

  Il bâtit, bâtit bâtit…

C’est un « humanuscule », c’est à dire l’un de ces huit cent millions d’humains vivant dans des pays à économie développée, plus riche… ou moins pauvre que tous les autres humains de tous les pays de la Terre « en voie de développement ».

 Par comparaison, je pense qu’un habitant de l’Ethiopie profonde, d’un village du Penjab ou d’une favella de Rio de Janeiro n’est pas un humanuscule.

L’ humanuscule est un être aseptisé, qui bâtit, loge, squatte, consomme, pollue, se nourrit trop bien, dont l’organisme se charge de scories, qui pense… ou ne pense pas, agit, vit, respire, use des tonnes d’eau, et pousse sur la terre comme un arbre sans racines et sans branches.

De ces quelque six milliards d’humains qui ne mangent pas à leur faim, n’ont pas assez d’eau, vivent dans une très grande misère, dont une bonne partie, répartis sur le continent Asiatique travaillent douze heures par jour et gagnent jusqu’à dix fois moins que nous en Europe, émergera bientôt une puissance qui foulera aux pieds notre civilisation. Mais ce monde là ne sera pas meilleur que le nôtre.

 

                                                             …..

 

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Dernière mise à jour de cette page le 15/01/2006

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