Quel monde possible 1ère partie 6

5 Octobre 2003

  Quel monde possible ?

 

  Tout ce qui se dit ou s’écrit mais n’a aucune portée médiatique et dont la résonance n’emplit que l’espace familial, associatif ou professionnel, la rue ou la salle du bistrot du coin, vient de ces milliers de petites voix qui s’élèvent et parfois crient très fort contre les aberrations, les injustices et l’absurdité d’un système économique implacable.

Et tout ce qui s’exprime par la voix ou les écrits de ceux que l’on lit ou que l’on écoute, a peut être une portée médiatique mais la résonance si perceptible soit-elle, se brise toujours contre les remparts d’une forteresse imprenable : le pouvoir de l’argent et des décideurs.

Aucun Larzac ne sera jamais assez haut ni assez vaste pour un ou d’autres mondes possibles…

  Dans n’importe quelle réunion, politique, associative, professionnelle ou même une réunion pour célébrer un événement important, une grande fête entre de nombreux invités, une image m’a toujours frappé : celle des convives très bien placés et agglutinés autour du buffet, qui se pressent et échangent des propos alors que d’autres, moins bien placés, jouent quelque peu des coudes afin de parvenir à se saisir d’un verre ou d’un biscuit… Et, plus à l’écart, vers les fenêtres ou le mur du fond, tous ceux qui ne se serviront que plus tard ou pas du tout…

Lorsque nous sommes peu nombreux autour du gâteau, l’on arrive toujours à s’arranger pour que les parts soient équitables. Mais lorsque de grands mots d’ordre et des cartons d’invitation pleuvent, appelant ainsi plus de convives que la salle n’en peut contenir, le partage, c’est : un petit morceau pour les premiers servis… après les parts d’honneur… Et pas une miette pour ceux qui sont restés dehors sous la pluie dans la cour.

Quelque soit l’idéologie, la religion ou la « vision du monde », c’est toujours la même chanson.

  Ma réflexion est peut être amère, et n’offre aucune alternative, mais je peins le tableau selon les couleurs de la réalité, avec les personnages que nous sommes, autour de ce « gâteau » soit disant si convivial. Est-ce bien là, cet « autre monde possible » ? Est-ce une fatalité, ces miettes pour les invités des élus, ces parts d’honneur pour les professeurs, et ces gouttes de pluie pour ceux de la cour ?

 

                                                             …..

 

  12 Octobre 2003

  Violence au volant

 

  Partout dans nos villes, sur nos routes, la plus petite fausse manœuvre, une légère déviation de trajectoire, le moindre ralentissement en apparence injustifié, un feu qui passe au vert et l’on tarde à démarrer, et c’est tout de suite le coup de klaxon rageur, l’appel de phares incendiaire, quand ce n’est pas l’injure proférée, ou même un geste de colère… de la part de cet autre automobiliste qui se trouvait tout juste derrière, à droite ou à gauche ou en face. L’on ne supporte plus d’être gêné, légèrement retardé ou contrarié dans cette course effrénée vers le lieu du travail, vers une destination habituelle… Et les chauffeurs de camion, eux, ont des avertisseurs sonores particulièrement agressifs, qu’ils utilisent sans ménagement.

Cette violence me révolte, j’en suis le témoin chaque jour et parfois je la subis. Cette violence abjecte, souvent anonyme parce que le conducteur du véhicule s’est fondu dans la circulation, efface toute espérance d’un lendemain différent et meilleur, car ce monsieur ou parfois cette dame au coup de klaxon rageur, est peut être et même certainement, un voisin poli, un employé affable…

Il n’est pas toujours aisé d’effectuer des manœuvres, de se diriger dans une ville que l’on ne connaît pas… Alors, conducteurs et parfois conductrices dans nos villes de France, soyez sympas : ne prenez plus votre avertisseur ou vos phares pour une matraque !

 

                                                             …..

 

                                                                                     15 Octobre 2003

  Débat autour du voile Islamique

 

  « Pourquoi la femme doit elle être voilée ? », demande le profane…

« Parce qu’elle est un objet de désir », répond la religion Islamique. Les Chrétiens, il n’y a guère si longtemps, disaient la même chose… Et les femmes, alors, ne devaient pas laisser apparaître certaines parties de leur corps.

  Si la femme est un objet de désir pour l’homme, pourquoi l’homme ne serait-il pas lui aussi un objet de désir pour la femme ? Où est la différence entre le désir de l’homme et celui de la femme ?

« Objet de désir »… Comme si les êtres pouvaient être des objets !

Selon une religion fondamentaliste et puritaine, les hommes, eux aussi, devraient porter turban et cache nez pour dissimuler leur visage, gandoura ou toge romaine pour couvrir leur silhouette ! Les boutiques de mode feraient alors faillite…

  Je ne pense pas qu’une société ou une civilisation de type matriarcal serait un monde meilleur… Mais peut être un peu moins discriminatoire…

Le regard d’une femme est parfois plus identificateur ou révélateur, que son visage ou sa silhouette, même si cette femme est entièrement voilée…

 

                                                             ……

 

                                                                        

                                                                                     17 Octobre 2003

  La vie en noir

 

  Notre pays s’enfonce et s’enracine dans le catastrophisme médiatisé.

Nostalgiques d’un passé révolu, nous déplorons un présent dans lequel nous vivons mal selon nos propos… Mais avec quel état d’esprit envisageons-nous l’avenir ?

Autour de ce catastrophisme qui pousse comme un énorme champignon vénéneux sur le terreau de l’actualité et que l’on se complait à photographier, à filmer dans ses évolutions, le travail de sape d’une culpabilisation collective ou individuelle mine notre existence et nous fait voir la vie en noir…

Le monde d’aujourd’hui n’est ni pire ni meilleur que celui d’autrefois. Il est seulement différent. Cette expérience de la vie qui est la nôtre, confrontée à l’expérience vécue par des gens différents de nous, est assurément une expérience difficile… Mais parfois exaltante et jamais sans intérêt : il en a toujours été ainsi, de nos jours comme par le passé. Les regrets et les comparaisons sont comme les branches d’un arbre stérile.

La pression du catastrophisme, le poids des remords et des regrets sont des énergies négatives. Si nous déployions seulement le dixième de toute cette énergie dans l’autre sens, c’est à dire pour évoquer ce qui est beau et vrai dans le monde où nous vivons, pour conforter et enrichir des liens relationnels, pour concevoir des projets ou développer des initiatives même très  modestes, alors, sans verser dans la vie en rose, nous cesserions de voir la vie en noir.

 

                                                             …..

 

  27 Octobre 2003

  Laïcité, croyances et pouvoir…

 

  Si la laïcité n’est pas une religion, elle s’impose tout de même avec autant de force et de légitimité que la pensée Chrétienne ou Musulmane. Toutes les civilisations du monde contemporain ont leurs repères, leurs règles et leur foi. La laïcité n’est donc pas plus négociable que la réalité de la pensée Chrétienne ou Musulmane… Tous les débats d’opinions sont stériles, tous les compromis sont des impasses et tous les projets de lois, même s’ils ont le mérite d’être clairs, définissent des règles se conformant toujours à une pensée qui se prétend souveraine.

Au début du 20ème siècle, la séparation de l’église et de l’état soulevait controverses et polémiques acharnées soutenues par des passions exacerbées et médiatisées à l’excès. Il en est de même aujourd’hui pour un sujet d’actualité, soit le port du voile ou du foulard Islamique dans les écoles et les services publics. Mesure-t-on bien le danger d'une telle controverse, l’incertitude des retombées dans le système éducatif, la société tout entière ?

L’on va peut- être « trancher dans le vif », avec une loi sans équivoque, dans un contexte historique particulièrement explosif. (Je pense là à tout ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens mais aussi en Irak).

Ce que toutes les églises et les religions du monde revendiquent à l’origine, c’est le pouvoir de la foi, bien plus puissant et plus juste selon leur doctrine, que le pouvoir exercé par des hommes fussent-ils les meilleurs et les plus reconnus par le plus grand nombre.

Ce que toutes les écoles de pensée et les régimes politiques revendiquent à leur naissance, c’est le pouvoir de la vérité et de la justice selon les concepts auxquels ils se sont ralliés, plus légitime à leurs yeux que le pouvoir de l’arbitraire.

Mais au nom de la foi, au nom de la vérité et de la justice, au nom de la liberté, tous les pouvoirs franchissent des frontières, outrepassent leurs droits, faillissent à leurs devoirs. L’esprit humain évolue moins vite que le progrès technique. Mais il évolue de manière certaine. Son destin est de s’affranchir de tous ces pouvoirs qui ne sont pas des pouvoirs.

Le voile Islamique n’est-il pas aussi transparent qu’une brume d’été ? N’a-t-il que sa raison d’être dans l’espace de toutes les autres raisons d’être ? A l’école ou dans les services publics, est-il plus ostentatoire que le port de la chemise et de la cravate dans les cocktails d’entreprise ou les réunions de stratégie commerciale ?

 

 

                                                

 

                          Fin de la première partie.

 

Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 15/01/2006

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Pages personnelles
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web