13 Octobre 2002
L’air que nous respirons
L’enveloppe d’air au-dessus de nos têtes n’a pas dix kilomètres d’épaisseur en moyenne : c’est la couche d’air respirable, la troposphère, aussi mince qu’une pellicule de gaze recouvrant une orange… Et encore, au delà de cinq à six kilomètres, l’oxygène se raréfiant, la pression atmosphérique diminuant, il devient de plus en plus difficile de respirer.
C’est pourtant à l’intérieur de cette enveloppe si légère que vivent, évoluent, se reproduisent, naissent et disparaissent depuis des centaines de millions d’années un nombre infini de créatures, espèces animales ou végétales… Et bien sûr, parmi toutes ces créatures, le dernier arrivé sur la Terre, l’être humain.
Tous les hommes, riches ou pauvres, célèbres ou anonymes, respirent le même air. Cet air est encore gratuit, alors que nous payons l’eau.
Avec tous ces milliards de mètres cube de substances toxiques injectés depuis seulement deux siècles dans l’atmosphère par l’activité humaine, l’on pourrait s’étonner de respirer encore gratuitement.
Les dernières générations de ce siècle, celles qui possèdent, décident, et font parfois un « sommet de la Terre », soucieuses de résultats et de performances, de rentabilité et de confort accru, notamment avec la climatisation des véhicules, le développement des transports routiers, la consommation d’énergie, boivent ce ciel si fragile jusqu’à la dernière goutte sans se préoccuper de ce qui restera dans le fond du verre pour les générations futures.
Si l’on mettait bout à bout toutes les pages de codes et de lois, de dispositions réglementaires et de conventions de tous les pays du monde, en y ajoutant les rapports et les analyses des sommets de la terre qui se sont succédé depuis vingt ans, feuille après feuille l’on couvrirait une distance supérieure à l’épaisseur de l’atmosphère.
Conscients, oui, nous le sommes… Tant que l’on peut respirer, tant que le niveau des océans ne modifie pas le tracé des côtes, tant que tout ce que l’on dit c’est seulement pour demain… Conscients tant que cela ne coûte rien et ne freine qu’à peine notre train de vie… C’est cela, l’irresponsabilité individuelle et collective.
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3 Novembre 2002
La nationale 10 et les raiders de la route
A la limite du département des Landes et de celui de la Gironde, l’ A 63 en direction de Bayonne entre Belin et Le Muret, devient la nationale 10 à quatre voies, avec ses 90 carrefours… Un peu moins tout de même depuis les derniers aménagements… Ce tronçon à circulation très dense, véritable cordon ombilical reliant l’Europe du Nord à la péninsule Ibérique, voire le Maroc, n’a donc pas encore le statut d’autoroute. Il est étonnant que sur un tel axe, sans doute l’un des plus fréquentés de toute l’Europe, une troisième voie de circulation n’ait pas été aménagée. Il est encore plus étonnant que, dans la traversée des Landes, au début du troisième millénaire, ces cent kilomètres de bitume soient ceux d’une simple nationale…
Les camions, véritables mastodontes de transport, avec leurs remorques, roulent à « tombeau ouvert » jour et nuit, samedis, dimanches et fêtes compris, par tous les temps, pluie diluvienne, brouillard ou grand vent, se suivent en interminables colonnes, se dépassent, engageant ainsi des courses poursuite formant des barrages de forteresses roulantes qui s’étirent parfois sur plusieurs kilomètres.
Les automobilistes sont pris en sandwiches entre les mastodontes, noyés par temps de pluie dans un brouillard liquide où l’on ne voit même plus les feux de signalisation de ces raiders de la route. Les automobilistes sont le plus souvent des gens qui se déplacent pour se rendre à leur travail ou pour toute autre raison… Auprès d’un parent hospitalisé à Bayonne ou à Bordeaux par exemple…
Tout au long de l’année, fait-on du tourisme, roule t-on par plaisir sur cet axe stratégique qui est devenu le domaine des poids lourds internationaux, le « billard des dinosaures supersoniques » tout le long duquel on peut compter sur les doigts de la main les « képis bleus » ?
Oui, pourquoi notre police nationale n’est-elle pas présente sur cet axe, ne vérifie t-elle pas le disque de ces transporteurs qui roulent comme des forcenés, effectuent des dépassements de compétition et se comportent tels des seigneurs de la route pour lesquels tout est permis, y compris de circuler entre le samedi et le dimanche soir, au nom de la sacro sainte rentabilité ? Avec des frigorifiques chargés de toutes sortes de matériaux et d’équipements afin de se soustraire aux restrictions de circulation en fin de semaine ?
La route appartient à tout le monde, même sur la nationale 10 !
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10 Novembre 2002
La vocation de l’artiste
Non envoyé, car le journal Sud Ouest sélectionne en priorité des courriers qui ont un rapport direct avec l’actualité de la semaine. Ce qui n’était pas le cas pour cette petite réflexion sur la vocation de l’artiste…
La vocation essentielle de l’artiste consiste à créer de l’atmosphère.
Plus que par son œuvre, l’artiste se définit par l’atmosphère qu’il crée et diffuse.
Qu’il peigne, qu’il chante, qu’il joue ou qu’il écrive, l’artiste ne peut exister par son œuvre seule.
Créateur d’atmosphère, il engage sa voix, sa pensée, son regard, ses écrits, dans la vie et l’expérience qu’il traverse en tant qu’être ordinaire. Ce qu’il y a d’exceptionnel en lui, son talent, sa singularité, sa force, et même son pouvoir, tout cela est illusoire, se perd dans le temps, les modes, les interprétations et les cultures… Mais s’il crée de l’atmosphère, il contribue à l’élargissement d’un espace relationnel où les différences se relient entre elles… Comme dans un petit bal d’été sur la place du village lorsque les gens tourbillonnent en bulles reliées ensemble, des bulles qui n’implosent plus à l’intérieur d’elles-mêmes parce qu’une atmosphère enfin, est venue les relier et les soulever.
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2 Décembre 2002
Un bouillon de culture planétaire
En l’absence de repères idéologiques, culturels et relationnels, fleurissent comme sur un terreau en décomposition, toutes les excroissances issues de la fermentation d’un bouillon de culture planétaire : des fleurs aux couleurs vives qui répandent leurs essences corrosives…
Ainsi la magie, la sorcellerie, les sectes, la télévision, la culture du sensationnel contribuent-elles avec le fanatisme religieux, l’exacerbation des clivages et la généralisation d’un obscurantisme universel, la dérive des biotechnologies et le pouvoir accru des médias, au maillage de toute la structure d’un système déjà complètement gangrené.
La science n’a jamais autant identifié, expliqué, décortiqué les êtres et les choses de ce monde. Le vivant exploré jusque dans ses gènes apparaît dans toute la complexité de ses éléments. Les représentants de la loi et les forces de l’ordre n’ont jamais autant disposé de moyens aussi performants, de fichiers informatiques aussi diversifiés. La télé réalité déverse la vie privée des gens aux heures de grande écoute…
Dans ce terreau en décomposition explosent d’autres bulles : marées noires, accidents de la circulation spectaculaires, attentats, viols, injustices et ignominie…
L’homme n’aime pas ce qui échappe à son entendement. Il nie l’irrationnel, il dissocie l’esprit de la matière… A tel point qu’aujourd’hui la connaissance et les avancées de la technologie sont les seules références possibles et que la représentation du monde, de ses origines, de ses évolutions, ne s’articule qu’autour de concepts, de références et de postulats déclarés incontournables.
Les civilisations du passé, cependant, ni meilleures ni pires que l’ordre actuel du monde, nous ont légué leur représentation du monde, en fonction de leurs croyances, de leurs observations et de leurs interprétations des phénomènes naturels. Nous n’avons retenu de tout cela que ce qui sous tend l’organisation de la société humaine : la hiérarchisation des pouvoirs et des compétences, la férocité des individualismes et le rejet des marginalités, la pesanteur des modes et des apparences.
Demain nous lèguerons à nos descendants tout ce qui va découler de la mondialisation de l’économie, de l’évolution de l’informatique, du règne du numérique et de la génétique… Les hommes et les femmes de demain, seront-ils encore des humains ?
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23 Décembre 2002
Les humanuscules
A force de se débattre dans des situations inextricables, de chercher des responsables insaisissables, de se gaver de télé réalité, à force de cautionner par le silence ou l’indifférence certaines manipulations dans le domaine des biotechnologies, à force de se doter de tous les supports de communication qui préparent insidieusement notre mémoire au sommeil, à force de ne plus s’ émerveiller, de ne plus s’ émouvoir, de ne plus communiquer que pour se transmettre des informations et échanger des produits ou des services, à force de multiplier les effets spéciaux et les gadgets, à force d’oublier que six personnes sur sept dans le monde sont en danger de mort parce que trop démunies, à force d’inventer de nouveaux médicaments et de restreindre l’ aide médicale lorsqu’elle n’est pas rentable… Même si des manifestations humanitaires telles que le Téléthon permettent de réunir beaucoup d’argent, quel monde sera demain celui de nos enfants ?
Le monde des « Humanuscules » !
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30 Décembre 2002
Noël Nouvel An
Plus qu’aucune autre période de l’année, le temps de Noël et du nouvel an accentue la différence entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
Les fêtes et le réveillon, c’est bien pour les uns… Mais pas pour les autres.
Famille, amis, relations, réunions joyeuses, cadeaux, veillées autour du sapin, pluie de confettis, jolies robes, visages et cheveux étoilés, tout cela, c’est pour ceux qui sont situés du bon côté de la barrière.
Mais pour les handicapés, les malades, les personnes seules, les exclus du cercle familial, les sans abri, et d’une manière générale, pour ceux qui ont « cassé le vase sacré », c’est Noël et le réveillon tout seul devant sa cuisse de poulet et son ballon de rouge en face d’une émission de télévision qui montre des derrières emplumés… Quant à ceux qui sont du plus mauvais côté de la barrière parce qu’ils ont tout perdu et qu’ils n’ont de place nulle part, Noël et le jour de l’an, c’est un grand vent de misère…
Pour ceux qui ont, je ne me fais aucun souci : ça marchera bien pour eux. Mais pour les autres, ils seront à la Une de toutes mes pensées, et je leur envoie mon regard, mon sourire, mon affection, avec un grand coup de pied dans le mur des indifférences et des hypocrisies.
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13 Janvier 2003
Les géants des mers et de la route
Les denrées alimentaires qui, par milliers de tonnes affluent dans les entrepôts des surfaces commerciales, les appareils électroménagers, téléviseurs, magnétoscopes, caméscopes, mais aussi les voitures, le mobilier et tant d’autres équipements indispensables… ou superflus, pour les loisirs, la vie quotidienne, le bricolage, le jardinage, la maison, les produits énergétiques, les matériaux de construction, etc.… Tout ce dont nous avons tant besoin, particuliers et entreprises, doit parvenir à destination dans les meilleurs délais et au prix le plus bas. C’est la loi du marché, la loi de l’offre et de la demande, la loi des géants qui imposent leurs conditions, la loi du consommateur qui fait valoir ses exigences, la loi d’un système économique qui exclut ou marginalise toute production ne répondant pas aux normes définies par les traités Européens ou internationaux.
C’est la raison pour laquelle dans tous les détroits du monde, celui du Pas de Calais, de Gibraltar ou d’ailleurs, le long de nos côtes, sur tous les océans, naviguent sous pavillon de complaisance ces super tankers avec leurs soixante dix mille tonnes de fuel ou leurs cales aussi vastes que des gymnases et bien sûr pleines à craquer.
Pour la même raison circulent sur nos routes des convois de transporteurs roulant à la limite de la vitesse autorisée, par tous les temps, jour et nuit…
Les désastres s’accumulent, les accidents sont spectaculaires, les pollutions augmentent, les marées noires souillent nos côtes.
La loi, les gendarmes, les radars, les contrôles, les tribunaux, les condamnations, les procès, les amendes, sont pour le citoyen… Pas pour les géants du commerce et de l’industrie, ni pour les financiers ou les hommes politiques souvent impliqués d’ailleurs dans des organisations maffieuses et qui se moquent du droit international en contournant les réglementations.
Alors que des fortunes colossales sont édifiées sur la prostitution, la drogue, le crime et le travail des enfants, que des paradis fiscaux et des sociétés internationales habillées de légalité tissent une immense toile d’araignée entre les quatre coins du monde, des centaines de millions de gens supportent cette pression intolérable et sont tenus individuellement pour responsables parce qu’ils « ne travaillent pas assez » ou « coûtent trop cher ». Ces mêmes centaines de millions de gens payent l’impôt, les taxes, les assurances, et contribuent pour une grande part à toutes les reconstructions, les indemnisations, les réparations.
Les géants des mers et de la route, avec les prédateurs de la biotechnologie, n’ont pas peur des révolutions… Tout se récupère ici bas, y compris les meilleures intentions. Tous les meneurs en définitive sont du même camp.
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10 Février 2003
Les prédateurs
Les guerres du pétrole se suivent et se ressemblent : elles génèrent des profits fabuleux nourrissant la croissance économique d’un capitalisme mondial.
Mais ce sont les prédateurs qui s’enrichissent.
Ces prédateurs n’ont pas de visage parce qu’ils n’existent que par des noms de société. En outre, les fusions, les rachats, les ventes d’entreprises par d’habiles et complexes montages financiers, des transactions confuses, des restructurations et des délocalisations, ont des conséquences désastreuses sur l’environnement et la vie économique des régions.
Le pétrole dont dépend toute l’économie planétaire devient un enjeu stratégique. Alors les bombes pleuvent, les morts se comptent par milliers.
La seule image d’un oiseau mazouté englué dans une galette noire montre bien qu’il n’y a pas de limite dans l’ignominie et l’abomination.
Les pays les plus puissants du monde sont engagés dans des alliances incertaines uniquement dépendantes d’intérêts économiques et stratégiques. Ces pays envoient leurs armées tuer des gens, pilonner des villes, incendier des maisons. Ils concentrent des troupes et des engins de guerre autour d’autres pays dont ils convoitent les ressources énergétiques, expérimentent des armes chimiques ou biologiques. Les prédateurs dont ils sont à la solde violent nos rivages, défigurent les paysages, assassinent de nombreux animaux, oiseaux en particulier…
Afin de s’assurer pour quelques dizaines d’années le contrôle de la planète, ils imposent les lois implacables d’une croissance économique qui ne profite qu’à eux-mêmes et à ceux qui les servent. Mais au delà de la violence et de l’insécurité générées par cette croissance démesurée, il ne restera plus de la Terre qu’un désert.
Les prédateurs avec leurs armées, leurs lois et leurs agents de propagande, boivent tout le ciel de la Terre, souillent les océans, font mourir des millions de gens et d’animaux.
Les états avec leurs dirigeants, leurs législateurs, et même leurs organisations humanitaires, leurs scientifiques et leurs intellectuels, ne sont que les pièces d’un immense échiquier mondial structuré en réseau parfaitement organisé. A la tête de ce réseau dominent les alliances et les complicités.
Marées noires et guerres du pétrole, demain encore, justifieront de nouveaux combats… Et même si ces énergies alternatives non polluantes dont on parle depuis des années, venaient se substituer aux énergies fossiles, il y aurait encore des prédateurs : ces gens là se recyclent toujours.
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17 Février 2003
L’argent pour les retraites
Que l’on arrête de se demander comment financer les retraites ! Depuis 15 ans, l’on ne cesse d’établir des statistiques démographiques, d’évoquer le « babyboom » d’ après guerre, de parler de la solidarité entre les générations, de publier des analyses sur l’évolution des actifs par rapport aux retraités, de souligner le déséquilibre croissant certes, entre ceux qui travaillent et cotisent d’une part, et ceux qui ont cessé leur activité, d’autre part .
L’argent pour les retraites, pour les chômeurs, les victimes de catastrophes écologiques ou naturelles, les handicapés, les « laissés pour compte » d’un système économique axé sur le rendement et le profit ? Il faut le prendre là où il est, pas là où il n’est pas.
Cet argent là n’est pas du côté des salariés, des artisans, des commerçants, de ceux qui investissent, ni même du côté de ceux qui font quelques bénéfices, parce que ces personnes là ont travaillé, économisé… Ce n’est donc pas avec cet argent là qu’il faut financer les retraites.
Depuis 15 ans, on entend les mêmes discours, on ressort les mêmes analyses ! Et ce sont toujours les mêmes que l’on fait payer… Toujours plus. Mais depuis 15 ans ce sont les prédateurs qui profitent de la croissance économique et d’un capitalisme mondial, se répartissent des bénéfices fabuleux dans des paradis fiscaux, des coffres numérotés ou dotés de noms de code… Ces prédateurs se cachent derrière des dénominations de société, s’enrichissent avec le commerce des produits pétroliers dont dépend l’économie planétaire, toutes ces guerres qui se suivent et se ressemblent, les nouvelles technologies, le travail des enfants, l’exploitation de populations souvent obligées de fuir leurs pays d’origine.
L’argent pour les retraites ? Pour les sinistrés, les chômeurs, l’éducation, la formation, la recherche, les handicapés, la culture, les hôpitaux, les services publics ? … Ouvrez les coffres numérotés, les paradis fiscaux, les « écluses » d’un ciel dont on dit qu’il est pour tout le monde, mais que boivent goulûment les prédateurs ! Il restera bien assez de ciel pour les enfants de la Terre !
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23 Février 2003
Guerre ou pas…
Il n’ y a pas de guerre juste… Sauf peut être celles qui sont menées par des peuples asservis contre des oppresseurs ou des envahisseurs… A condition toutefois que de telles guerres ne soient pas « récupérées » par des puissances étrangères convoitant des ressources ou souhaitant « remodeler » à leur profit le paysage politique d’une vaste région du monde.
L’Irak est un pays riche, mais les gens qui y vivent sont en majorité très pauvres… Si encore ils n’étaient que pauvres… Ils ne sont pas libres. Ils doivent se taire et n’écouter que ce qu’on leur dit.
Le pétrole dont dépend une grande partie de l’économie mondiale, le contrôle de l’information, de la communication et de la technologie sont des enjeux stratégiques.
L’armée la plus puissante du monde avec ses avions, ses navires de guerre, ses batteries de missiles et tout le déploiement de ses forces, les alliances incertaines ou opportunistes uniquement dépendantes d’intérêts économiques, les différents points de vue argumentés et justifiés des hommes d’état… Tout cela, ce sont les faits, l’actualité au jour le jour, guerre ou pas…
Au bout du compte, ce sont les empires financiers qui, dans une concurrence acharnée, placent leurs pions sur un échiquier mondial dont la règle du jeu est déloyale.
Mais il y a un fait nouveau : pour la première fois dans l’histoire du monde, du moins à une telle échelle puisque cela a eu lieu sur tous les continents le même jour, des millions de gens se sont rassemblés pour dire non à la guerre… Au delà de ce « non » unanime et planétaire, c’est peut-être l’espérance universelle d’un autre monde qui s’entrouvre…
Guerre ou pas, « ça va chauffer »… Et, à dire vrai, on ne sait pas où l’on va, dans les années qui viennent. Même si ce jour de février 2003 en lequel tant de gens se sont assemblés ne peut arrêter la machine de guerre, il y aura toujours eu ce premier coup de feu contre la guerre, contre la mort…
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6 Avril 2003
La pneumopathie virale et la guerre en Irak sont deux foyers d’infection qui se développent dans le corps de l’humanité. Nul ne peut prévoir aujourd’hui l’évolution de chacun de ces deux foyers parce que cette guerre d’une part, après avoir abattu la dictature de Saddam Hussein, va s’enliser dans des combats sporadiques, des embuscades, des attentats, que l’Irak deviendra un champ d’expérimentation pour les terroristes et les extrémistes de tous bords. Et que d’autre part, cette maladie qui s’est si rapidement répandue en plusieurs endroits dans le monde, annonce peut-être l’arrivée d’autres virus…
C’est bien la première fois que dans le monde contemporain, celui de l’avancée des technologies et de la recherche, un monde aseptisé où l’on a vaincu la peste, le choléra et la variole, apparaît une maladie contre laquelle il n’y a pas d’antidote. Chaque jour, des centaines de personnes sont contaminées et l’on prend des mesures d’hygiène et d’isolement assez spectaculaires.
Et c’est bien la première fois aussi qu’une guerre mobilise les opinions publiques d’autant de pays dans le monde, et cela avec toujours plus de détermination, de manifestations et de réactions violentes.
Sans doute d’ici quelques semaines l’épidémie sera-t-elle circonscrite… Comme un incendie de forêt en apparence maîtrisé mais dont les braises encore incandescentes peuvent sortir de terre. Sans doute cette guerre en Irak, menée par les Etats Unis d’Amérique et les Britanniques, ne mobilisera qu’un temps les opinions… Comme la foudre tombée du ciel sur le toit d’une école de mauvais maîtres mais dont les élèves ne connaîtront jamais la liberté puisqu’ils demeureront assujettis à la loi des caïds, et que l’indifférence et les habitudes auront repris le dessus.
Entre ces deux fléaux, la pneumopathie virale et la guerre en Irak, je crois tout de même que le pire c’est la guerre… Et dire que de part et d’autre des continents et des océans, les combattants et surtout leurs dirigeants invoquent Dieu !
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13 Avril 2003
Démocraties, revoyez votre copie !
La vraie démocratie n’existe pas dans le monde contemporain. Elle n’a d’ailleurs jamais existé, à aucun moment de l’histoire. Pas même à l’origine ou dans le temps des révolutions populaires qui ont pu faire croire que le monde changeait…
Dans les démocraties occidentales du « monde développé », c’est la dictature de l’argent et des marchés qui sous-tend l’activité économique, sociale et culturelle.
Dans les pays du monde Arabe, ce sont les familles régnantes, les dictateurs et les castes qui ont l’argent et le pouvoir.
Dans les pays ayant fait l’expérience du collectivisme et de l’économie planifiée par l’état, ce sont les privilégiés et les membres du parti au pouvoir qui jouissent, décident et imposent les orientations.
Sous toutes les formes de gouvernement, l’on retrouve cette dictature de l’argent, cette domination exercée par les puissances financières et leurs associés sur une majorité indifférente ou silencieuse mais qui souffre et le plus souvent se résigne.
Avant que la guerre en Irak ne commence, la France fit entendre sa voix aux quatre coins du monde… N’y avait-il pas alors plus à perdre qu’à gagner dans ce pays soumis à une dictature implacable mais avec lequel la France pouvait commercer ?
Lorsque les combats ont fait rage, la voix de la France s’est tue… Lorsque Bagdad est tombée, cette même voix se fit entendre car les chantiers de reconstruction en Irak, sur des charniers et des fosses communes emplies de cadavres, sur les ruines des quartiers populaires, sur le sang et la terre mêlés, ont appelé les investisseurs.
Avec l’aval de l’ONU dans la perspective de cette reconstruction, quelques entreprises Françaises pourraient ainsi obtenir de petites parts d’un marché particulièrement juteux.
Démocraties libérales d’Europe et d’Amérique, revoyez votre copie : l’argent est votre paragraphe principal, vous avez tout faux… Et tout rouge du sang versé de toutes les guerres dont vos gouvernements sont responsables, celles du passé, du temps des empires coloniaux, et celles d’aujourd’hui, au nom du « Bien et du Mal », mais surtout d’intérêts économiques et stratégiques !
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20 Avril 2003
Le message de Jean Paul II
Alors que des chrétiens et des musulmans appellent à la guerre sainte, à la lutte du Bien contre le Mal, le pape Jean Paul II envoie au monde entier un message de paix, réprouve la violence, le terrorisme, la haine et toutes les guerres…
Sa foi, sa bonté et sa détermination ont eu bien plus de poids ce dimanche de Pâques sur la place Saint Pierre à Rome, que toutes les interventions télévisées de Georges W. Bush…
Certes, une plate forme élévatrice a du physiquement soutenir Jean Paul II sur la tribune, alors que Georges W.Bush avec toute la mise en scène de son appareil d’état, s’exprimait à la télévision, fier et convaincu de son action guerrière…
Du plus profond de mon cœur et de mon esprit, je salue Jean Paul II pour son allocution ce dimanche 20 Avril 2003, son courage et sa détermination alors que la force physique lui manquait ; pour le sens de son message, bien plus fort et bien plus émouvant que toutes les mises en scène du monde…
Je salue également ces millions de chrétiens, de musulmans, croyants de toutes confessions et même citoyens de tous les pays du monde sans aucune religion, dont l’humble existence, souvent difficile, peu médiatisée, est parfois une si belle histoire d’ amour…
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